Sophrologie et sommeil de l’enfant : entrer dans son imaginaire pour l’aider à s’apaiser
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Le sommeil des enfants est souvent l’un des premiers motifs de consultation au cabinet.
Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, peurs du soir, besoin de présence, cauchemars, agitation au moment du coucher…
Et derrière tout cela, il y a souvent un enfant qui ressent énormément de choses à l’intérieur de lui sans encore savoir comment les exprimer ou les apaiser.
Avec les enfants, je ne travaille pas comme avec les adultes.
On ne passe pas par de longues explications. On ne leur demande pas d’analyser ce qu’ils ressentent.
Avec eux, nous passons avant tout par le corps, les sensations… et surtout par l’imaginaire.
Parce que l’imaginaire est un véritable super pouvoir chez l’enfant. Et souvent, en grandissant, nous oublions à quel point ce monde intérieur est vivant, réel et puissant pour eux.
Quand un enfant me parle d’un monstre sous son lit, je ne vais pas lui dire :
“Tu vois bien qu’il n’existe pas."Parce que pour lui, à cet instant-là, cette peur existe réellement dans son corps.
Il la ressent.
Son système nerveux la ressent.
Son cœur s’accélère.
Son corps reste en alerte.
Alors ensemble, nous allons entrer dans son univers plutôt que lutter contre lui.
Nous allons construire avec lui des images, des ressources, des protections intérieures qui vont l’aider à se sentir en sécurité.
Parfois, nous imaginons une bulle protectrice autour du lit.
Parfois, une boîte secrète dans laquelle l’enfant peut déposer ses inquiétudes avant de dormir.
D’autres fois, un nuage magique qui l’accompagne doucement jusque dans ses rêves.
Chaque enfant possède son propre langage imaginaire.
Et c’est à travers ce langage-là que nous allons l’aider à retrouver de l’apaisement.
Pendant les séances, nous utilisons beaucoup le jeu.
🍃Une respiration dans une balle.
🎂Une bougie imaginaire qu’on souffle doucement.
🐻Une peluche qui monte et qui descend sur le ventre pour apprendre à respirer calmement.
Des images de corps “tout dur” puis “tout mou” pour sentir le relâchement.
L’idée n’est jamais de demander à l’enfant de “bien faire”.
Nous allons plutôt lui permettre de ressentir ce qui se passe à l’intérieur de lui, avec douceur et sans pression.
Parce que les enfants savent rarement mettre des mots immédiatement sur leurs émotions.
Alors nous passons d’abord par le corps.
Par les sensations.
Par l’expérience vécue.
Et petit à petit, les mots arrivent ensuite naturellement...
J’accorde aussi beaucoup d’importance à la sécurité émotionnelle pendant les séances.
L’enfant doit sentir qu’il peut venir avec ce qu’il ressent réellement.
Sans être jugé.
Sans qu’on minimise ses peurs ou son agitation.
Très souvent, les parents participent également aux séances.
Je les considère comme de véritables coéducateurs dans l’accompagnement.
Ils observent les exercices, les vivent parfois avec leur enfant et découvrent des outils simples qu’ils pourront ensuite réutiliser à la maison.
Dans certaines situations, je peux aussi proposer un temps seul avec l’enfant afin qu’il ait un espace plus personnel et sécurisé pour déposer certaines choses.
Au fil des séances, nous allons progressivement construire une véritable petite boîte à outils émotionnelle que l’enfant pourra garder avec lui pendant longtemps.
Des respirations.
Des images rassurantes.
Des repères corporels.
Des petits rituels.
Des façons de revenir au calme.
Parce que l’objectif n’est pas seulement d’aider l’enfant à dormir aujourd’hui.
C’est aussi de lui transmettre des ressources qu’il pourra réutiliser plus tard dans sa vie.
En parallèle des séances, j’invite également les familles à remettre en place un cadre sécurisant autour du sommeil.
Le système nerveux des enfants a besoin de repères stables pour ralentir.
Cela passe notamment par :
- un coucher régulier,
- des rituels répétitifs et rassurants,
- une chambre calme et sécurisante,
- et une diminution des écrans avant le coucher.
J’insiste souvent sur ce point :
les écrans stimulent énormément le cerveau et le système nerveux des enfants.
L’idéal est donc de les éloigner au moins deux heures avant le coucher, y compris dans l’environnement sonore de la maison.
Le moment du coucher ne devrait pas être vécu comme un rapport de force.
Quand un enfant dit : “Je ne veux pas dormir” ou “Je n’arrive pas à dormir”,
il exprime souvent autre chose , une peur, une agitation intérieure, un besoin de sécurité, ou simplement un système nerveux qui n’arrive plus à ralentir.
Alors ensemble, nous allons essayer de transformer ce moment en une transition plus douce. Comme un signal envoyé au corps :
“Ça y est… tu peux ralentir maintenant.”
Petit à petit, l’enfant apprend à retrouver en lui des sensations de calme, de sécurité et d’apaisement.
Et souvent, ce sont ces petites expériences répétées avec douceur qui permettent au sommeil de reprendre naturellement sa place.